Rosiers à racines nues : choisir et planter

Rosiers à racines nues : choisir et planter

En bref : de novembre à mars, les rosiers se vendent à racines nues : moins chers, dans un choix bien plus large, et selon la Royal Horticultural Society (RHS) généralement de meilleure qualité que les rosiers cultivés en pot. Pour réussir : choisir une variété résistante aux maladies (le label allemand ADR et les concours belges de Courtrai et du Roeulx aident), planter vite, placer le point de greffe au niveau du sol, et ne pas replanter un rosier à la place d'un autre sans changer la terre.

Un rosier à racines nues ressemble à un fagot de tiges épineuses avec une touffe de racines. Ce n'est pas très engageant en vitrine. C'est pourtant la meilleure façon d'installer un rosier qui vivra des décennies. Notre article novembre au jardin en donnait les grandes lignes ; voici le guide complet, du choix de la variété à la deuxième année.

Pourquoi acheter en racines nues

La RHS distingue trois façons d'acheter un rosier :

Type Ce que c'est Quand Ce qu'en dit la RHS
Racines nues Rosier arraché en pleine terre pendant son repos, vendu sans terre De novembre à mars, souvent par correspondance À planter le plus vite possible
« Conteneurisé » Rosier à racines nues mis en pot pour la vente De novembre à mars environ, en jardinerie À planter dès l'achat
Cultivé en pot Rosier élevé au moins une saison en pot Toute l'année Plantable toute l'année, mais généralement moins beau qu'un racines nues, et plus cher

Les racines nues ont deux autres atouts : le choix de variétés est le plus large de l'année, et un rosier sans pot ni terreau voyage léger, ce qui rend la vente par correspondance facile. Leur seule contrainte est la saison : on les plante pendant le repos de végétation, à la chute des feuilles ou de la fin de l'hiver au début du printemps, jamais dans une terre gelée.

Choisir une variété saine : ADR, Courtrai et Le Roeulx

La plus belle rose du catalogue ne sert à rien si elle perd ses feuilles en juillet à cause de la maladie des taches noires. Le premier critère de choix devrait être la santé du feuillage. Trois repères existent en Belgique et chez nos voisins.

Le label allemand ADR. L'Allgemeine Deutsche Rosenneuheitenprüfung teste chaque année des nouveautés pendant trois ans, dans une dizaine de jardins d'essai répartis en Allemagne, sans aucun fongicide ni insecticide. La santé du feuillage est le critère prioritaire : selon le règlement de l'ADR, une variété doit obtenir en moyenne 75 points sur 100 au total, et 25 sur 30 pour la santé. Le label vaut quinze ans et peut être retiré si plusieurs jardins d'essai constatent que la variété ne tient plus ses promesses. On trouve la mention « ADR » sur les étiquettes et dans les catalogues.

Le jardin international des roses de Courtrai (Kortrijk). Créé en 1959 et géré par Inagro, l'agence agronomique de la province de Flandre-Occidentale, il juge environ 200 nouveautés par an pendant deux ans. Les rosiers y poussent sans traitement, pour révéler leur sensibilité aux maladies. Le jardin, qui compte environ 4 000 rosiers, est ouvert au public.

Le concours international de roses nouvelles du Roeulx. Organisé depuis 1962 dans le Hainaut, il présentait en 2025 plus de 700 variétés. Le jury juge la beauté de la fleur, le parfum, le port de la plante et la résistance aux maladies, et accorde une grande place à la remontée (la seconde floraison). Le jardin est lui aussi visitable toute l'année, avec un festival de la rose en septembre.

Une visite à Courtrai en juin ou au Roeulx en été, carnet en main, reste le meilleur moyen de choisir une rose que l'on aura vue pousser sous notre climat. Et méfiez-vous des rosiers vendus sans nom de variété à prix cassé : nous en parlons dans Des rosiers nains pas chers : opportunité ou mauvais choix ?.

Reconnaître un bon plant

Un rosier à racines nues se juge sans fleurs ni feuilles, à ses tiges et à ses racines. Les Master Gardeners de l'université de Californie donnent des repères simples :

  • au moins trois tiges vigoureuses, dodues, vertes, à l'écorce lisse, et qui paraissent lourdes en main ; des tiges légères, cassantes ou ridées trahissent un plant desséché ;
  • des racines claires et saines, bien réparties autour du pied, ni nouées ni cassées ;
  • un point de greffe (le renflement d'où partent les tiges) ferme : un renflement mou ou liégeux peut signaler une maladie ;
  • des bourgeons bien formés le long des tiges.

Aux États-Unis, les rosiers à racines nues sont classés par grades (n° 1, 1½, 2), le n° 1, le meilleur, ayant 3 à 5 tiges saines. Ce classement est américain, mais le principe reste valable chez nous : trois tiges solides valent mieux qu'une.

À réception : ne laissez pas sécher les racines

Un rosier à racines nues craint par-dessus tout le dessèchement. Dès réception :

  1. Déballez-le et vérifiez l'état des tiges et des racines.
  2. Plantez-le le plus vite possible. Si le sol est gelé ou détrempé, la RHS conseille de le garder dans un terreau sans tourbe légèrement humide. Pour quelques semaines d'attente, la mise en jauge décrite dans novembre au jardin convient aussi : couché dans une tranchée, racines couvertes de terre.
  3. Faites tremper les racines dans un seau d'eau avant de planter. Les Master Gardeners californiens conseillent de 2 à 24 heures, certains producteurs une nuit ; pour les arbres à racines nues, la RHS parle d'une demi-heure à deux heures selon l'état des racines.

Racines nues, racines fragiles : ne les laissez jamais au vent ni au soleil pendant la plantation. Gardez le rosier dans son seau d'eau jusqu'au dernier moment.

Planter un rosier, pas à pas

Comment ? La méthode de la RHS :

  1. Préparez la terre : mélangez au moins un seau de matière organique bien décomposée (fumier, compost) par mètre carré, sur 20 à 30 cm de profondeur.
  2. Creusez un trou environ deux fois plus large que les racines et de la profondeur d'un fer de bêche.
  3. Placez le rosier au centre, racines bien étalées.
  4. Réglez la hauteur : le point de greffe au niveau du sol. Posez un manche d'outil en travers du trou pour repérer le niveau.
  5. Rebouchez avec la terre mélangée de matière organique, en tassant doucement pour chasser les poches d'air.
  6. Arrosez copieusement pour bien faire descendre la terre entre les racines.

Le point de greffe : enterré ou pas ? C'est le grand débat des rosiéristes. La RHS recommande de le laisser au niveau du sol, et pas plus bas, car un point de greffe enterré augmenterait le risque de dépérissement. Certains producteurs, dont le rosiériste anglais David Austin, conseillent au contraire de l'enterrer de 5 à 7 cm, pour mieux ancrer le rosier et le protéger du froid. Dans le doute, suivez la RHS : au niveau du sol.

Remplacer un vieux rosier : la fatigue du sol

Planter un rosier neuf à la place exacte d'un ancien est la meilleure façon de le voir végéter. C'est la maladie de replantation, ou « fatigue du sol », bien connue chez les rosiers et les pommiers.

Ce que l'on sait :

  • selon la RHS, le jeune plant pousse mal, reste chétif et peut même mourir, et le problème peut persister au moins neuf ans après l'arrachage du premier rosier ;
  • la cause est biologique : la stérilisation du sol supprime le problème. Des chercheurs allemands ont montré en 2020 que des champignons du sol, en particulier de la famille des Nectriacées, attaquent les fines racines des jeunes rosiers dès les premières semaines ;
  • aucun traitement chimique du sol n'est disponible pour les particuliers.

Ce que conseille la RHS :

  1. Remplacer la terre sur 45 cm de profondeur et de largeur par de la terre prise dans une autre partie du jardin, où aucun rosier n'a poussé.
  2. Ou, plus simple, planter le nouveau rosier ailleurs.

Les produits à base de champignons mycorhiziens, vendus en sachets, sont présentés par leurs fabricants comme efficaces contre la fatigue du sol. La RHS se contente de le signaler, sans en garantir l'effet. Une astuce de rosiéristes, décrite notamment par la pépinière anglaise Henry Street, consiste à planter le rosier neuf dans un carton rempli de compost neuf : le carton se décompose en deux ans environ, le temps que le rosier s'installe et devienne assez robuste pour tolérer les microbes du sol.

Tailler après la plantation

Inutile de tailler à la plantation, sauf les racines abîmées et les tiges cassées. La taille de formation se fait à la fin du premier hiver, juste avant le départ de la végétation. Selon la RHS, après avoir supprimé le bois mort, abîmé ou chétif :

Type de rosier Taille la première année
Rosier à grandes fleurs (hybride de thé) Rabattre les tiges vigoureuses à 10 à 15 cm du sol
Rosier à fleurs groupées (floribunda) Rabattre à environ 15 cm
Rosier grimpant ou liane (sarmenteux) Rabattre à 30 à 40 cm, si la pépinière ne l'a pas déjà fait
Rosier arbustif ou botanique Ne pas tailler les tiges vigoureuses

Pour multiplier ensuite vos rosiers préférés, voyez notre article Semer des graines de rosier ou faire une bouture.

Les deux premières années

  • Arrosez bien par temps sec pendant au moins deux étés, comme le conseille la RHS.
  • Paillez chaque printemps avec jusqu'à 8 cm de fumier bien décomposé ou de compost, en laissant 10 cm libres autour des tiges.
  • N'ajoutez pas d'engrais en pleine terre sauf si la croissance est faible ou si les feuilles montrent une carence : un sol bien préparé suffit. Pour reconnaître une carence, voyez notre guide lire les signaux de ses plantes.

À quelle hauteur la RHS conseille-t-elle de placer le point de greffe d'un rosier à la plantation ?

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Réponse : Au niveau du sol

La RHS recommande le niveau du sol : un point de greffe enterré augmenterait le risque de dépérissement. Certains producteurs conseillent de l'enterrer de quelques centimètres.

Que faire pour planter un rosier neuf à l'endroit exact où poussait un vieux rosier ?

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Réponse : Remplacer la terre sur 45 cm de profondeur et de largeur par de la terre d'un autre coin du jardin

La maladie de replantation, ou fatigue du sol, peut persister au moins neuf ans. La RHS conseille de changer la terre ou de planter ailleurs.

Combien de temps dure l'évaluation d'une nouvelle variété de rosier pour obtenir le label allemand ADR ?

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Réponse : Trois ans, sans fongicide ni insecticide

Les rosiers candidats sont observés trois ans dans des jardins d'essai répartis en Allemagne. La santé du feuillage est le critère prioritaire.

De combien rabat-on un rosier à grandes fleurs (hybride de thé) planté à racines nues, à la fin de son premier hiver ?

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Réponse : À 10 à 15 cm du sol

La RHS conseille de rabattre les tiges vigoureuses à 10 à 15 cm après avoir supprimé le bois mort ou chétif. Les rosiers arbustifs, eux, ne se taillent pas la première année.

Sources

ADR-Arbeitskreis. (2023, 28 février). Allgemeine Deutsche Rosenneuheitenprüfung (ADR) : Leitfaden für die Durchführung. Bund deutscher Baumschulen. https://www.adr-rose.de/fileadmin/adr-rose.de/Dokumente/ADR-Leitfaden_Stand_28.02.2023_konsolidierte_Fassung.pdf

Chainnieaux, N. (2018, 8 avril). Le jardin des roses de Courtrai : une roseraie à visiter de mai à septembre. RTBF. https://www.rtbf.be/article/le-jardin-des-roses-de-courtrai-une-roseraie-a-visiter-de-mai-a-septembre-9885016

David Austin Roses. (s.d.). Planting bare root roses. https://davidaustinroses.co.uk/blogs/news/planting-bare-root-roses

Grunewaldt-Stöcker, G., Popp, C., Baumann, A., Fricke, S., et al. (2020). Observations on early fungal infections with relevance for replant disease in fine roots of the rose rootstock Rosa corymbifera 'Laxa'. Scientific Reports, 10. https://doaj.org/article/2967dcde76f6474dba3487183ea17e91

Henry Street Nursery. (s.d.). Rose replant disease. https://henrystreetnursery.co.uk/blogs/news/rose-replant-disease

RTBF. (2025, 9 octobre). Les rosiers bicolores du Concours International des Roses Nouvelles au Roeulx. https://www.rtbf.be/article/les-rosiers-bicolores-du-concours-international-des-roses-nouvelles-au-roeulx-11613290

Royal Horticultural Society. (s.d.-a). Replant disease. https://www.rhs.org.uk/prevention-protection/replant-disease

Royal Horticultural Society. (s.d.-b). Roses: planting. https://www.rhs.org.uk/plants/roses/planting

Royal Horticultural Society. (s.d.-c). Trees: buying and planting specimens. https://www.rhs.org.uk/plants/types/trees/buying-planting-specimens

University of California Cooperative Extension Master Gardeners of Tulare-Kings Co. (s.d.). Selecting and planting bare root roses. https://ccfruitandnuts.ucanr.edu/sites/default/files/2010-07/23467.pdf

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